Interview – Chinese Man

Toujours au festival Garorock à Marmande, c’est maintenant aux trois provençaux de Chinese Man de venir discuter avec nous. Pour ceux qui ne les connaitraient pas déjà il s’agit d’un groupe de trip-hop gérant leur propre label (Chinese Man Records) composé de trois membres : le beatmaker SLY, DJ Zé Mateo et High Ku.

Avez-vous en projet de faire des tournées avec d’autres groupes de votre label comme vous avez pu le faire avec Deluxe, prochainement ?

Sly : Pas prochainement, là on est vraiment concentré sur Chinese Man, on a d’autres projets discographiques, dont un qui va sortir en Octobre avec le chanteur Tumi Molekane. Après dans le futur pourquoi ne pas faire une tournée avec Scratch Bandits Crew (autre groupe de leur label) ou un prochain autre groupe que l’on découvrira.

(Ils avaient fait ensemble le morceau « Once Upon A Time » l’an passé, que je vous laisse écouter).

Autour du groupe vous avez créé une sorte de fabulation avec une fausse biographie décalée, pourquoi ?

High Ku : Parce que nos vies étaient extrêmement chiantes…

Zé Mateo : Extrêmement !

High Ku : Et comme la plupart des bio d’artistes sont extrêmement chiantes, on a décidé de faire autre chose. Parce que sinon cela aurait donné quelque chose du genre « Sly a commencé la trompette à 8 ans, Michel a fait du rap à 12 ans… ». En plus il y a aussi ce côté de musique électronique où le but n’est pas de mettre la personnalité de chacun en avant. Donc c’était assez pratique de se cacher derrière des personnages. On n’est pas du tout dans un truc de vouloir se cacher à tout prix ou que les gens ne nous reconnaissent pas, ce n’est pas ça. C’est juste qu’on a envie que les gens écoutent notre musique sans forcément qu’ils aiment nos vies ou nos personnalités à côté.

Comptez-vous conserver votre propre label encore longtemps ?

High Ku : A moins que l’on nous fasse une offre qui ne se refuse pas, mais qui n’arrivera pas, oui. On a toujours envisagé la musique professionnellement à travers ce label et à travers l’indépendance, c’est vraiment comme ça qu’on vit notre projet. Je pense qu’on ne se verrait pas du tout artiste à plein temps dans une maison de disque, ce n’est pas ce qu’on a envie faire au quotidien. On aime autant aller en live que produire mais aussi passer du temps à aider d’autres groupes et travailler sur des projets qui ne sont pas les nôtres artistiquement donc je pense qu’on ne donnera ou ne rendra jamais notre label car cela signifierait qu’on arrête la musique. Si un jour on se sépare ou qu’on s’engueule on le cèdera au plus offrant mais sinon cela n’arrivera pas.

Quels sont les messages que vous souhaitez transmettre à travers votre esprit zen ?

Sly : En fait on véhicule des messages sans vraiment y penser. L’esprit zen nous ressemblait bien car on n’a jamais réussi à faire un album en moins d’une année. Au début pour les Groove Sessions on a mis 3 ou 4 ans je crois. Donc on fait les choses à notre rythme, cela veut juste dire ça. Et surtout on essaie de s’écouter car travailler à trois ça veut dire que c’est un consensus permanent et il faut quand même être suffisamment détaché d’un égo très développé pour travailler ensemble. Ce ne sond ons pas de vrais messages que l’on véhicule, c’est plus notre façon de travailler, d’échanger avec notre collectif, d’ouvrir des portes à d’autres artistes et surtout de se fédérer à un projet qui est fort humainement et artistiquement.

Pour finir je voudrai vous demander si vous n’aviez pas une petite anecdote à nous raconter ?

High Ku : Il y a plusieurs années on était à Marseille pour un festival, on avait une carte son qui était défectueuse donc on était vraiment ultra stressé surtout qu’on n’avait jamais fait de concert sur une aussi grande scène. On priait pour que la carte son tienne le coup et cela a été énorme au final : super accueil du public, puis après avoir passé le stress, on s’est vraiment éclaté.

Propos recueillis par Antoine Corbeaux

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