Interview – Casseurs Flowters

Première interview au Garorock 20ème édition, les Casseurs Flowters. Au rendez-vous, Orelsan et Gringe posé dans le canapé sont « dans la place »… pour nos questions !

 

 On va revenir un petit peu en arrière, 2014, vous étiez ici en concert à Garorock, annulé à cause des orages, quel souvenir vous en avez ?

Orelsan : Ah la galère… ce n’était pas notre meilleur concert du coup [rires]. C’était annulé à cause des orages mais je crois même que les orages n’ont pas eu lieu… On est parti à la gare de Bordeaux regarder la coupe du monde, on a regardé le foot ! On avait fait un poker avec Fauve en attendant. C’est vrai qu’on était déçu, quand on a la chance d’être programmé dans un gros festival comme ça, c’est toujours décevant de ne pas pouvoir se produire.

Quand vous avez commencé à rapper dans les années 2000, quel a été l’élément déclencheur, pourquoi le Rap ? Est-ce que c’était par rapport à un artiste précis ?

Orelsan : Je ne sais pas trop… mes potes au basket rappaient, j’aimais bien le fait de raconter quelque chose. J’avais 14 ans et le côté un peu rebelle et engagé, forcément ça me parlait. Après quand j’ai commencé à rapper, c’était IAM, NTM, Public Enemy. Et toi Gringe pourquoi tu fais du rap ?

Gringe : Parce que c’est culturel, c’est ce qu’écoutaient les grands au collège. C’est aussi parce que c’est peut-être la musique la plus accessible quand tu ne joues d’aucun instrument. Il suffit juste de chopper un 33 tour, une face B et de rapper.

Orelsan : On n’a pas trop fait de calcul quand on a commencé.

D’où viennent vos idées, est-ce que vous les cherchez à deux ou individuellement ?

Gringe : On a un cerveau pour deux et il est à ma droite. La plus part du temps, c’est Orelsan qui propose pleins d’idées. Certains morceaux, on les fait à deux mais généralement, c’est lui qui fait la locomotive. Après dans l’écriture, on fonctionne vraiment à deux, on avance ensemble, on se partage les textes et s’il le faut, on refait quinze fois le même morceau…

Quels sont les artistes ou les genres musicaux qui vous inspirent ?

Orelsan : Il y en a pleins… Ça fait longtemps qu’on fait de la musique et chaque année, il y a de nouveaux artistes qui nous inspirent. Petit, j’écoutais beaucoup les Beatles, Guns N’Roses par exemple. Parmi ceux qui nous inspirent actuellement, Disclosure, Ratatat, Jamie XX, Flume, Soom T, The Shoes… Mais il y en a pleins d’autres.

Gringe, si tu devais inviter deux personnes à diner ce soir, qu’elles soient mortes ou vivantes, qui ce serait ?

Gringe : Je dirais Bukowski et Tupac [rires].

Orelsan, est-ce que le manque d’idée t’inspire ? 

Orelsan : C’est marrant parce que ça me l’a déjà fait. J’ai quelques chansons qui commencent par « j’ai peur de pas finir mon album », « j’ai plus d’inspi » ou des trucs comme ça. Mais c’est vrai que, souvent il y a des moments de feuille blanche et quand tu n’es pas dans le mouvement c’est dur de lancer quelque chose. Des fois quand je suis en train de rien écrire, je réfléchis et je me dis que je vais commencer par écrire que je n’arrive rien à écrire, réfléchir pourquoi et puis en général ça découle tout seul après.

Vous préférez les concerts en salle ou en festivals ?

Gringe : Ce n’est pas la même énergie. Moi j’aime le côté confidentiel des concerts en salle, on peut se regarder dans les yeux, il y a une vraie émulation. Par contre dans les festivals, il y a tellement de gens que lorsque tu montes sur scène, tu entres dans un état second et ça c’est une vraie drogue ! Je me rappelle, il y a 2 ans quand on a fini la tournée des festivals avec Orelsan, on avait fait pleins de boites de nuit et quelques concerts en salle et je ressentais cette addiction de remonter sur scène.

Orelsan, tu parles souvent des prostituées dans tes morceaux, pourquoi est-ce qu’elles te fascinent tant ?

[rires]

Orelsan : Je ne sais pas, quand t’es jeune, que tu es en galère sexuelle et qu’il y a des femmes qui donnent leur corps dans la rue… et bien c’est bizarre ! Ce n’est pas que ça me fascine, mais c’est une histoire de société. Je pense que ça fascine aussi « Zone Interdite ». [rires] Il y a beaucoup de blagues avec le mot « pute » et c’est un bon prétexte pour faire de l’humour noir.

Est-ce que vous avez un petit rituel avant de monter sur scène ?

Orelsan : Non pas trop, on se tape dans les mains avec toute l’équipe, un petit check de « pré-concert ».

Pour finir, si vous deviez choisir un artiste de la programmation de Garorock 2016, pour faire une collaboration avec, lequel ce serait ?

Gringe : Vald pour moi [rires] et sans réfléchir. Je kiffe son univers.

Orelsan : Moi ça serait Jamie XX ou Ratatat parce que c’est le genre de sonorités dans lequel je suis en ce moment.

 

Propos recueillis par Antoine Berlioz

 

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