Interview – Deluxe

De retour au festival Garorock pour la deuxième fois consécutive, j’ai cette fois ci eu la chance de rencontrer les 6 membres du groupe provençois Deluxe. Un groupe haut en couleurs qui a su comme à son habitude donner l’énergie nécessaire pour faire déambuler son public dans tous les sens.

Vos tenues de scènes sont assez excentriques, comment les choisissez-vous ?

Pietre : On a la chance de travailler avec notre costumière depuis le tout début et maintenant on upgrade à chaque nouvelle tournée ! Peut-être que pour la prochaine tournée on aura carrément des ailes pour voler ! (rires)
Kilo : Comme il disait, on choisit les costumes en fonction de l’univers qu’on a envie de créer sur scène afin de présenter quelque chose de différent à chaque nouvelle tournée.

Est-ce que c’est voulu ou seulement une coïncidence de porter la moustache dans votre groupe ?

Pietre : C’est velus (ndlr)

Kilo : C’est même voulu et velus !

Pietre : En fait c’est parti d’une malédiction qui a frappé un seul membre du groupe et par solidarité tout le monde s’y est mis.

Pépé : C’est aussi le moyen d’être le reflet de notre univers, celui de Deluxe !

Pietre : Et aussi au début c’était pour brancher les meufs.

Liliboy : C’est surtout pour brancher les chiens ! (rires)

Vous parlez de « malediction » pourquoi ça ?

Pietre : Oui c’est quelqu’un du groupe on ne vous dira pas qui. A une soirée il s’était fait alpagué par une vieille qui lui a dit « toi tu seras maudit ».

Kilo : Il n’avait que 8 ans.

Pietre : Du coup il s’est réveillé le lendemain avec de la moustache et à chaque fois qu’il la rasait elle repoussait 2 fois plus. Par solidarité on a donc tous choisi de le soutenir en faisant de même !

Comment s’est passé votre rencontre avec Mathieu Chedid ou encore IAM ?

Soubri : C’est le hasard complet car l’album était fini et on a eu la chance de les rencontrer sur des festivals. On est des très grands fans de ces artistes, on a donc décidé de tenter notre chance. On est allé leur parler pour leur dire qu’on préparait un album et à notre plus grand étonnement, ils ont accepté de nous écouter. Quelques semaines plus tard ils nous ont annoncé qu’ils acceptaient de travailler avec nous. Ça a été un réel étonnement pour nous !

C’est quand même assez différent de votre style non ?

Soubri : Non pas tant que ça. Par exemple pour M, on est vraiment des grands fans et on jouait ses morceaux dans la rue il y a 10 ans.

Kilo : Il y a les costumes, l’aspect scénique. Et IAM vient de Marseille, c’est un très bon groupe de rap, voir pour nous LE meilleur groupe de rap français. En plus on aime beaucoup faire du hip hop.

Quand on vous voit sur scène on ressent une réelle envie d’échange et de partage avec votre public.

Kilo : Oui carrément surtout que les gens nous remercient souvent pour l’énergie qu’on leur donne. Mais on est plutôt l’allume feu, les gens sont déjà chaud bouillants. A 14h ils sont déjà entamés à la bière, nous on est juste en train de taper sur des tambours. C’est beau !

A vos débuts vous aviez commencé par vous produire dans la rue. Est-ce que c’est de la que provient toute votre énergie afin d’arriver à capter l’attention des passants ?

Kilo : Exactement, c’est une très bonne école et on est très fier d’être passé par là pour se désinhiber, pour nous c’était vraiment génial. Après je te cache pas qu’on a vraiment le stress avant de monter sur scène ce soir.

Kaya : On va d’ailleurs faire une petite tournée en France, 5-6 dates pas plus où on jouera dans la rue. Un truc super simple, les gens viennent dans la rue, on boit un coup et on joue quelques morceaux.

Vous avez prévu de jouer dans quelles villes ?

Kaya : Alors les villes sélectionnées sont : Lille, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Aix en Provence, Marseille et Paris. Après on n’est pas encore sur à 100% pour la date mais on devrait faire ça juste avant notre concert au Zénith de Paris (22/10/2016).

Si on pouvait citer 2 personnalités qui vous représentent bien, qui choisirez vous ?

Soubri : Moi je dirais Patrick Sébastien déjà pour le côté fête.

Pepe : Et un petit Spirou !

Liliboy : Oui un Spirou à paillettes, ça nous correspond bien.

Qu’est-ce que vous pensez des selfies ?

Pietre : On est jamais mieux selfié que par soit même ! Non parce qu’on vient juste de se faire clasher à ce propos par le nouvel obs : comme quoi on ferait trop de selfie sur scène et qu’on était des idiots à paillettes avec nos costumes.

Donc quelque part il faut vivre avec son temps !

Pietre : Oui voilà après il faut savoir que cela nous touche vraiment ce qu’écrivent les gens à notre propos. Enfin on n’est pas là à guetter tous les articles après chaque concert et il y a forcément des gens qui n’aiment pas nos prestations. Après nous on vit avec notre temps à fond, on partage avec notre public. On n’a pas l’impression de se foutre de la gueule des gens bien au contraire.

Vous avez tous un petit air malicieux on peut se le dire. Est-ce que vous êtes plutôt fourbe entre vous ?

Soubri : Fourbe ?

Oui que vous faites des petites blagues entre vous, des petites supercheries je dirai même.

Soubri : On est coquin mais ça reste assez soft. On n’est pas du style par exemple à aller réveiller l’autre qui dort dans le bus avec un seau d’eau.

Kilo : Oui, on prend soin les uns des autres.

Pourquoi vous avez votre surnommé saxophoniste Pépé ?

Kilo : Tu l’as déjà vu en slip !?

Pietre : Je crois que tout est dit !

Liliboy : Par exemple aussi à ma gauche il s’appelle kilo mais je le surnomme aussi gros kilo.

Donc vous vous envoyez quand même des petits piques par ci par là ! Liliboy, est-ce que tu te sens un peu comme une princesse au milieu de tous ces garçons ?

Liliboy : Moi franchement je suis une princesse mais c’est drôle parce que j’ai rencontré un ostéopathe très intéressant qui a trouvé que je refoulais une certaine féminité. Du coup maintenant je travaille sur vivre pleinement ma féminité.

Cela sous entend quelque chose ?

Liliboy : Et toi Pépé est-ce que tu vis bien ta vieillesse ?

Kilo : Ah ça c’est sûr qu’il la vit bien !

Quel est votre sentiment avant le concert ?

Pietre : On a déjà joué sur la scène du Trec il y a 2 ans (une des 3 scènes du Garorock). On était comme des fou. Ca s’était tellement bien passé que le public avait cassé les barrières de sécurité. On a dû interrompre le concert, hallucinant ! On a la gnaque, on va essayer de casser les barrières à nouveau !

 

Propos recueillis par Antoine Corbeaux

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