Interview – Bel Plaine

Une nouvelle découverte m’est apparue aux allures de rock indé et aux influences folk. Antoine et Morgan vous transportent dans leurs univers hors du temps.

Comment s’est créé Le projet Bel Plaine et pourquoi l’avoir choisi comme nom de groupe ?

Bel Plaine s’est créé en 2011 après notre rencontre lors d’une soirée de Nouvel An. Ce soir là, on a parlé juste 5 minutes, de musique surtout. Le truc fou, c’est que dès le lendemain, on s’est recroisé sur un quai de métro, par hasard, et on s’est de suite montré des chansons.

Le nom Bel Plaine, on est tombé dessus dans une friperie, il était écrit sur un t-shirt. Ca a été comme une evidence.

Dans l’expression “Bel Plaine”, on a retrouvé une impression d’ouverture et de liberté qu’il y avait dans nos morceaux.

 Vous avez gagné le prix Paris Jeunes Talents en 2013 ; comment avez-vous vécu cette expérience ?

C’était génial car c’est arrivé juste après la sortie de notre premier EP que nous avions enregistré avec nos humbles moyens dans une ferme du Lot, entre amis. Ca nous a donc motivé à voir plus loin.

 Qu’est-ce que ce concours a apporté de nouveaux dans votre manière de travailler ?

 Au niveau du travail, le concours nous a surtout permis de rencontrer des intervenants qui ont un peu levé le voile sur l’envers du décor du monde de la musique. Comment fonctionnent les labels, les éditeurs, les tourneurs et autres professionnels… On était conscient de tout cela, mais certainement pas assez éduqué.

 Quel a été votre parcours musical avant « Bel Plaine » ?

Antoine :  J’ai grandi en Bourgogne où j’ai appris la guitare et le chant dès 6-7 ans au conservatoire. Après avoir eu quelques groupes de pop, je suis monté à Paris.

Morgan : Quant à moi, j’ai grandi à Angers. j’ai appris la guitare dans ma chambre, comme beaucoup d’adolescents, puis j’ai enchaîné quelques formations assez rock. Ensuite j’ai aussi déménagé à Paris. Nous avons formé le  groupe un an après.

 Votre Duo s’est formé grâce à l’ensemble de vos points communs ou plutôt grâce à la complémentarité de vos différences ?

 C’est clairement la deuxième réponse qui est la bonne ! On a plein d’envies et de centres d’intérêts communs, mais dans le travail, c’est nos différentes aptitudes qui font que le ping-pong que l’on joue entre nous fonctionne si bien. Mais pour arriver à ces automatismes, il nous a fallu quelques années de travail pendant lesquelles on a appris à se connaître, et à prendre connaissance de nos propres défauts. Car c’est ça la clé d’une bonne collaboration, le travail que l’on fait sur soi-même.

 Comment répartissez vous le travail en terme d’écriture et de création musicale ?

 Pour chaque chanson, il y a un ping pong incessant entre nous deux, étant donné que notre travail est basé sur la complémentarité. Cette caractéristique nous permet parfois de trouver la clé des chansons très rapidement, mais peut aussi nous rendre très rigoureux et perfectionnistes. Dans ce cas, une chanson peut mettre une année à prendre vie.

 Vous venez de sortir votre nouvel EP ; Pouvez vous nous décrire la manière dont vous avez abordé ce projet et les difficultés que vous avez rencontrées ?

 L’EP est clairement un extrait de l’album à venir donc on est parti dès le début avec l’idée de composer un album. On est parti un été à la campagne. Nous avions chacun une quantité d’idées de mélodies que nous avons mises en commun. En général, les idées viennent vite et surtout, nous essayons de rester fidèles aux premières esquisses. Si nos mélodies paraissent simples, c’est qu’elles sont naturelles, voir inchangées par rapport à l’inspiration originelle. Une fois les chansons écrites, on est entré en studio avec Julien Delfaud (ndlr: qui a travaillé avec Phoenix, Woodkid) et là, il a fallu “trouver un son”. On avait vraiment envie qu’il pose sa vision et son univers sur notre musique. La rencontre avec Julien a vraiment dynamisé notre son et a apporté l’éveil que nous attendions.

 Dans votre Clip « Dead White Tree » vous nous invitez au voyage ; Comment s’est passé la réalisation de celui-ci ? Où a été-t-il tourné ?

 Le tournage de « Dead White Tree » a été une vraie aventure. C’est Hugo Jouxtel, de la Blogothèque, qui s’est chargé de le réaliser. On a fait ça entre les Vosges et Oléron avec une toute petite équipe. La vidéo n’en a pas l’air, mais toute la production s’est déroulée dans une ambiance « fait à la main », pour un résultat très léché au final. C’est clairement Hugo qu’il faut féliciter pour ça. Comme vous pouvez l’imaginer, on a eu très très froid, c’était un peu notre expérience « The Revenant » à nous.

 De nouveaux projets en vue ? Une tournée qui se dessine ?

 Quelques nouvelles choses arrivent en effet. Certainement un remix avant l’été. Aussi, on est très concentré sur le live que nous allons donner à la Boule Noire le 20 septembre. On a vraiment à cœur de faire quelque chose de puissant. Sinon, le gros projet, c’est l’album qui sortira à l’automne, qui sera la continuité de cet EP.

 Pouvez vous nous citer un des lieux préférés que vous fréquentez ?

 Le fantastique bar « Le Fanfaron » avec Xavier, son barman fou, tout droit sorti d’un film de Robert Rodriguez, et quand on veut bien manger, « La Pharmacie », dans le 11e arrondissement.

 Un artiste coup de cœur à nous faire découvrir ?

 Il y a quelques jours, on est tombé sur le side-project de Matt Berninger, le chanteur de The National. Ca s’appelle EL VY, c’est très pop. Quand on connaît son travail un peu plus profond dans The National, on sent vraiment que le mec s’est fait un gros plaisir.

Propos recueillis par Hugo Jagnoux

 

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