Interview Alltta

Le jeudi 24 juin 2017 au festival Marsatac à Marseille, j’ai pu rencontrer le nouveau duo franco-californien composé de 20syl et MC Mr J. Medeiros… sensations garanties avec leur nouvel album « The Upper Hand ». Au sein d’un nouvel espace de fête au parc Chanot pour cette 19ème édition, les deux artistes se sont rendus très disponibles pour répondre à nos questions.

L’interview à a été retransmise en direct sur Carve Carli Radio.

Un petit rappel du parcours de Alltta ? Vous venez de loin ?

 S : Lui est de l’ouest américain et moi…de Nantes (Rires). On s’est rencontré en 2004, à l’époque où on enregistrait le premier album de Hocus Pocus « 73 touches » auquel il avait participé avec son ancien groupe The Procussions.

C’est donc une grande rencontre ?

S : Oui il y a eu un super feeling et c’est ce qui a fait qu’on ne s’est pas quitté, même avec la distance. On a continué à échanger de la musique sur nos projets respectifs jusqu’à trouver le temps qu’il nous fallait pour concrétiser ce projet.

Il y a eu une évolution dans les instruments utilisés, vous avez quitté un peu le rap, hip hop pour vous plonger sur des marques beaucoup plus électroniques ?

S : Oui on utilise des outils électroniques mais quels groupes de rap en 2017 n’utilisent pas ce type d’outils ? On est plus à utiliser un synthé analogique que des outils comme vocoder. Il reste toujours cette part de son toujours chaleureuse et organique dans nos chansons.

On a discuté avec le programmateur du festival Marsatac, ça a toujours cette veine electro/hip hop 19 ans après. Peut-être faites-vous directement cette jonction ?

: Oui c’est vrai, j’ai pu participer à Hocus Pocus, j’ai eu C2C donc j’ai toujours été à cheval à travers ces battles de DJ, j’ai toujours été à cheval entre ces 2 univers. C’est quelque chose que j’aime magner et ce festival nous ressemble parfaitement. Quand je vois l’affiche de Marsatac avec : De la Soul, Nicolas Jaar…Il y a un peu toutes ces sonorités-là qui se mélangent dans notre musique.

On parle de Marsatac mais Alltta sur scène ça se présente comment ?

S : J’ai voulu faire ce projet avec Jason car c’est un des meilleurs MC sur scène que j’ai pu voir en tant que spectateur. Il a une telle énergie, physiquement et vocalement que j’avais envie d’être derrière lui, de lui envoyer du son sur scène. On a un habillage visuel qui est basé sur notre logo central qui est reconstruit en lumière avec de la vidéo que j’ai conçu en symétrie. Sur cette idée de la symétrie, de la dualité j’ai construit des morceaux visuels qui sont très minimalistes, calés parfaitement sur la composition musicale.

Juste pour l’anecdote, vous vous présentez comme un groupe américano-français ou américain ?

J : (Avec un bel accent américain) Je préfère qu’on parle d’un groupe français…

En 2 mots, qu’est-ce que vous pensez du Festival Marsatac ?

J : Je suis déjà venu jouer 2 fois à Marsatac ! C’était une experience incroyable !

 Jason, sur scène est-ce que tu as un flow percutant ou plutôt soft et leger?

J : Je suis assez énergique sur scène, j’ai besoin de sentir que je me dépense pleinement sur scène.

S : C’était quelque chose qui m’avait marqué avec son dernier groupe « The Procussions ». Qu’il soit devant 1000 personnes ou dans un bar où il y a 3 mecs, il donne la même énergie sur scène, le même sourire…c’était vraiment appréciable. Il n’y a pas ce côté du mec blazé, c’était un vrai show pour tout types de scènes.

Pouvez-vous expliquer à quoi correspond le nom Alltta ?

J : Bien sur, cela veut dire “A little lower the the angel”. En d’autres termes cela exprime la dualité.

La gestuelle des doigts en regardant le ciel a t-elle la même signification ? 

Alltta symbole

S : L’idée était de reconstruire de manière un peu abstraite le logo avec les deux “A” formés par les pouces…En fait, à un moment donné j’ai fait pas mal de recherches visuelles autour du nom. Il y a eu cette main, cette idée et on a fait le test de le projeter pendant un de nos tout premiers concerts. L’album n’était pas encore terminé, la pochette non plus et on a pu voir que les gens reproduisaient le même signe. Depuis c’est devenu un jeu avec le public.

Du coup pour faire le lien avec le côté visuel, vous avez essayé de travailler sur l’aspect visuel scénique ?

S : Tu vois Jason sur scène fait un gros taff à l’avant, c’est très physique. J’avais aussi envie d’avoir cette dimension graphique en arrière-plan. J’ai travaillé sur des animations en noir et blanc. J’ai travaillé la vidéo comme de la lumière, c’est à la fois adapté aux videos leds mais aussi à la projection. Ça donne une autre dimension au show, ce n’est pas juste un concert de rap classique.

J’ai pu voir que vous avez pu jouer au Palais Royal à Paris pour la fête de la musique en extérieur; pourquoi vouloir jouer gratuitement pour cet événement ?

J : On nous a invité tout simplement, on a joué juste après Tony Allen. L’ambiance était juste incroyable. Le public était très très jeune…tu voyais que pour certains c’était leur première sortie concert. Ils étaient surexcités, ils connaissaient même nos paroles…Vraiment une agréable surprise.

Pour en revenir à votre parcours durant l’été, il y a un événement en particulier que vous attendez ou pas ?

J : Ce soir, ça fait partie des festivals qui ont pour nous la plus belle line up par rapport à nos affinités musicales !

Oui c’est que j’allais dire, avec la FF ça vous fait quoi de passer après ce groupe là pour Marsatac ?

: C’est mortel, je suis vraiment curieux de voir ce que ça va donner. Je les ai vu il y a très longtemps, à l’époque de leur premier album à Nantes, enfin un bled à côté plutôt (Rires).

Mais vraiment ça fait partie des albums de Rap français que j’ai le plus écouté et réécouté donc forcément j’ai envie de les voir ce soir.

Tout comme De la Soul ou House of Pain qui me sont très proches.

Pour en revenir à ton label de musique « On and On records » quel est le but : de le développer en intégrant de nouveaux artistes en parallèle de tes projets solos ou collectifs ?

J : Ce label on l’a créé 2001, il était destiné à sortir nos propres disques pour C2C et Hocus Pocus. Aujourd’hui c’est vrai qu’on commence à faire venir de nouveaux projets (Pomrad, Floyd Shakim..) On fait comme les choses viennent, lorsqu’on a un coup de cœur on essaye de le suivre et de l’inclure dans nos projets musicaux, en première partie de nos passages.


 Propos recueillis par Alexis Auvitu 

Un grand remerciement à Marsatac pour l’invitation et à Carve Carli Radio pour l’enregistrement. 

Video : SURL Magazine 

 

 

 

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